Notes sur l’anatomie et la physiologie : L’imagerie mentale et le pouvoir de l’intention

Article #7

Article original en anglais publié le 19 avril 2010

Traduction française, révisée et approuvée le 23 janvier 2011

L’un des ingrédients essentiels de notre discipline est la pratique du donyu ou du relâchement du poids, auquel font référence les expressions « relâchez», « laissez descendre votre poids » ou « remplissez bien vos pieds », et qu’on retrouve dans tous les mouvements de l’enchaînement. Une fois que le corps a appris ce relâchement, ce processus simple, mais subtil, a un impact profond sur notre physiologie.

Mais comment peut-on comprendre une notion qui, d’entrée de jeu, semble fort mystérieuse et difficile à cerner? Et pourquoi nos instructeurs nous demandent-il d’abord : « Comment vous sentez-vous? » au lieu de : « Avez-vous compris? », comme ils le feront plus tard?

Figure 1 Vue d’une partie de la carte du monde de Waldseemuller (1507), la première à montrer, en plus de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe, un quatrième continent, le Nouveau Monde, entouré d’eau et distinct de l’Asie. Cette carte symbolise la découverte et le franchissement d’une nouvelle étape dans la compréhension. Lester, 2009.

Il est certain que la maîtrise du donyu ne s’acquiert pas en lisant des descriptions. C’est par la pratique, guidés par d’autres personnes plus avancées dans les arts, que nous apprenons à ressentir et à comprendre ce qu’est le relâchement du poids.

Pour nous guider, on nous présente souvent des images, qui sont comme des cartes qui orientent nos recherches.

Peter Wayne et Ted Kaptchuk ont décrit le tai chi² comme une intervention complexe à plusieurs niveaux, qui utilise les images, comme un de ses ingrédients essentiels. Par le biais des images, notre esprit, notre intention, produisent certains états émotionnels et kinesthésiques spécifiques. Grâce à ces images, l’esprit mobilise un ensemble de perceptions corporelles, d’humeurs et de jeux de muscles et de tendons de manière à créer un mouvement et un état d’être particuliers.

Rappelons-nous, par exemple, des métaphores que nous utilisons chaque jour pour influencer les mouvements de notre corps et notre état d’esprit : Mouvoir les mains comme des nuages, La Grue blanche déploie ses ailes, ou Saisir le tigre et retourner sur la montagne.

Les travaux sur les neurones miroirs nous enseignent que la simple représentation mentale d’un mouvement par l’imagination active les mêmes régions du cerveau que celles qui sont sollicitées pour exécuter ce mouvement. De plus, la visualisation d’une séquence de mouvements, même sans action physique, contribue au rétablissement de la fonction motrice après une blessure et permet d’apprendre de nouveaux mouvements complexes.

On pense à plusieurs aspects de l’utilisation des images dans les arts internes de santé Tai Chi TaoïsteMC, notamment :

  • Elles jouent un rôle central dans l’apprentissage de nouvelles façons de se mouvoir, qui font appel à tout le corps.
  • La valeur de toute image donnée varie selon l’état d’esprit et l’expérience de la vie de l’étudiant.
  • Les images utilisées changent à mesure que le corps et l’esprit évoluent.
  • Ces images sont plus efficaces si elles sont présentées simplement, en laissant beaucoup de place à l’interprétation.
  • Sous la direction de notre instructeur qui supervise notre pratique, une image peut être exploitée à fond pour être abandonnée par la suite. Les images donnent au corps le temps nécessaire pour changer, elles nous corrigent quand nous nous égarons et elles nous aident à passer à la prochaine étape quand nous sommes prêts.
  • Pour faire sienne une image, l’étudiant doit être laissé à lui-même. Il lui faut un certain temps pour pratiquer, pour démêler les choses et pour explorer de nouvelles avenues.
  • Une image est comme une clé qui donne accès à une pièce, mais ce n’est pas la pièce elle‑même. Quand on vous demande : « Comment vous sentez-vous? », on vous demande comment vous ressentez le contenu de cette pièce.
  • Cette expérience permet de mieux comprendre comment le corps bouge avec équilibre et tranquillité.
  • En nous souvenant du parcours de notre apprentissage et des images utilisées en cours de route, nous pouvons transmettre à d’autres nos connaissances sur cet art.
  • L’instructeur peut nous proposer une image qui ne sera comprise que plus tard. Malgré cela, elle refera surface en temps opportun.

Fort bien, mais qu’en est-il des images qui nous aident à comprendre la signification de « relâcher le poids »? C’est ce que nous verrons dans le prochain article.

Bruce McFarlane, MD

¹The Fourth Part of The World, The Race to the Ends of the Earth, and the Epic Story of the Map That Gave America Its Name, Toby Lester, Free Press, 2009, ISBN 978-1-4165-3531-7

²Challenges Inherent to T’ai Chi Research: Part 1–T’ai Chi as a Complex

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