Notes sur l’anatomie et la physiologie : Utiliser l’imagerie mentale pour relâcher le poids

Article # 8

Article original en anglais publié le 25 avril 2010

Traduction française, révisée et approuvée le 15 avril 2011

Dans le dernier article, nous avons parlé de l’utilité des images pour faciliter l’apprentissage de tâches complexes qui nécessitent la participation de tout le corps.

Pour illustrer ce point, examinons par exemple l’apprentissage du relâchement du poids au cours du donyu.

Avant d’aborder ce chapitre, il faut noter que l’impact d’une image donnée dépend en partie de sa signification pour la personne à qui elle est présentée. Notre entrainement suit une trajectoire en forme d’arc, qui évolue avec le temps. Il se peut que nous ne soyons pas prêts à recevoir une image donnée – et pourtant, une fois entendue, reconnue et mémorisée, elle sera rappelée à l’esprit quand le besoin s’en fera sentir. Il peut aussi arriver que, même si nous n’éprouvons plus le besoin de faire appel à telle métaphore, en l’entendant, elle nous rappelle une étape antérieure de notre apprentissage et peut servir à aider autrui.

Bon, examinons maintenant le relâchement du poids.

Beaucoup d’entre nous connaissent bien la séquence d’images ci-dessous, qui décrit l’étape « laisser tomber son poids » du donyu. Toutefois, il faut garder à l’esprit que, pendant la classe, l’instructeur présente ces images ou certaines d’entre elles selon les besoins, et pas nécessairement dans le même ordre :

1. Placez votre poids dans vos pieds. Laissez tomber votre poids naturellement – comme la pomme qui tombe du pommier. Ne retenez pas votre poids; il doit être réparti sur toute la surface du pied, d’un côté à l’autre et du talon aux orteils. Allez-y mollo, laissez-vous aller. Ne pensez qu’à placer votre poids dans vos pieds.

2. Une fois que vous commencez à ressentir ce mouvement, imaginez que vous êtes en train de pétrir de la pâte sous chaque pied quand vous laissez aller votre poids. Quand on fait du pain, on ne pétrit pas la pâte avec un seul doigt, on utilise les deux mains et tout le corps. Faites votre propre pain à l’occasion pour retrouver cette sensation, qui est semblable à celle qu’on ressent en faisant des donyus. Laissez aller tout votre poids pour pétrir la pâte. Évitez de vous perdre dans les détails de la forme; pendant ce mouvement, concentrez-vous sur la sensation de pétrir et laissez-la vous guider.

3. Pour amorcer la chute, le bassin accepte tout simplement l’action de la gravité, une force omniprésente dirigée vers le bas. Entre-temps, pour les bras, allongés sans tension, paumes vers le bas, on imagine une force douce dirigée vers le haut, qui oppose une résistance à leur descente. Tout se passe comme si un grand ressort, dressé sur le plancher devant vous en exerçant une pression vers le haut sur les bras, ralentissait d’abord leur chute et celle du haut du corps. Le bas du corps (le bassin) tombe en s’éloignant du haut du corps (du torse supérieur), et le donyu commence. Ressentant physiquement, sans le chercher, l’action de « lâcher prise », nous sommes amenés à comprendre que le donyu est fondé sur une séparation puis un étirement des éléments du torse et d’autres tissus.

Voyons maintenant quelques images des pieds.

Figure 1 Vue des voûtes plantaires ou arches du pied, qui agissent comme des ressorts. Les croix blanches dans l’image de gauche indiquent les points de contact du pied avec la terre. Karpandji, 1987, page 219.

Figure 2 Vue du côté extérieur (latéral) des 26 os du pied avec leurs articulations. Notez que l’arche latérale est peu accentuée. Netter, 2006, planche 524.

Figure 3 Vue du côté intérieur (médial) montrant l’arche médiale beaucoup plus accentuée, qui fait toute la longueur du pied. Netter, 2006, planche 524.

Figure 4 Couche superficielle de la surface plantaire (inférieure) du pied. La principale structure qu’on y voit est le fascia plantaire, un tissu fibro-élastique qui recouvre toute la longueur du pied. Il s’étire quand nous posons notre poids et tente ensuite de reprendre sa longueur initiale. Netter, 2006, planche 532.

Figure 5 On voit la couche située juste sous le fascia plantaire. Sous cette couche, il y a encore deux autres couches, chacune avec ses propres muscles, tendons, tissus conjonctifs, nerfs, vaisseaux sanguins et vaisseaux lymphatiques. Les tissus de chacune de ces couches forment une partie des « ressorts » de la base du pied. Netter, 2006, planche 533.

Voyons maintenant la partie redressement du donyu :

1. Ressentez votre poids dans vos pieds pour vous redresser.

2. Ressentez la force élastique stockée, qui est la force de réaction ou de rappel exercée par la pâte pétrie sous les pieds. Laissez-la vous redresser. Nous allons voir plus loin comment cette force de rebondissement créée par la chute utilise une plus grande partie du corps que les nombreuses couches des arches des pieds. Les autres tissus sollicités sont notamment les tendons et les gaines de tissus conjonctifs des deux plus grands muscles du corps – le grand fessier et le quadriceps, le fascia lombosacré étiré et les tendons d’Achille allongés.

3. À mesure que ces ressorts élastiques vous redressent, laissez le poids des épaules reposer doucement sur le bassin, la plate-forme qui supporte la colonne, de manière à créer une force opposée et dirigée vers le bas. Les genoux se redressent par dessous et la poitrine et la tête commencent à monter, alors que le bas du corps achève sa chute en douceur. On comprend mieux alors le sens de l’expression « se relever et s’asseoir en même temps », non pas du point de vue logique, mais de celui des sensations corporelles : une étape s’achève pendant que la prochaine commence.

Les 108 mouvements deviennent alors une succession rythmique de montées et de chutes. On place et on ressent son poids dans ses pieds. On étire et on relâche la pâte sous les pieds. On allonge les structures qui recouvrent le torse et les jambes et on les laisse revenir à leur état initial. Il s’agit là de simples images qui guident les mouvements de l’ensemble du corps.

Voyons maintenant quelques images du torse qui nous aident à visualiser les parties du corps qui sont allongées pendant la chute et qui reviennent à leur état initial sous l’action d’une force de rappel pendant qu’on se redresse.

Figure 6 Le squelette axial (tête, colonne et côtes) est en bleu. Les 24 articulations de la colonne peuvent s’écarter légèrement les unes des autres. Le squelette appendiculaire est constitué des os des extrémités, des clavicules, des omoplates et du bassin. Neumann, 2010, page 308.

Figure 7 Représentation graphique de certains des muscles du dos qui s’étirent quand on laisse aller son poids. Myers, 2009, page 170.

Figure 8 Muscles de l’avant du corps qui s’allongent quand on relâche son poids. Myers, 2009, page 170.

Figure 9 Muscles profonds du dos sollicités par les étirements pendant la chute, ainsi que leurs gaines de tissus conjonctifs. Myers, 2009, page 72.

Dans le prochain article, nous entreprendrons un examen de la disposition de la colonne vertébrale afin de mieux comprendre ce qui est étiré lorsqu’on relâche son poids, ainsi que comment cet écartement améliore la santé.

¹ The Physiology of the Joints, volume 2 Lower Limb, I.A. Karpandji, Churchill Livingstone, 1987, ISBN 0 443 03618 7

² Atlas of Human Anatomy, 4e édition, Frank H. Netter, Saunders Elsevier, 2006, ISBN-13: 978-1-4160-3385-1

³ Kinesiology of the Musculoskeletal System, Foundations for Rehabilitation, 2e édition, Donald A. Neumann, Mosby Elsevier, 2010, ISBN 978-0-323-03989-5

4 Anatomy Trains, 2e édition, Thomas W. Myers, Churchill Livingstone Elsevier, 2009, ISBN 978-0-443-10283-7

Bruce McFarlane, MD

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